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Chapitre 45 - Emeutiers et gilets jaunes ( La p'tite bonne nouvelle)






Introduction

Je ne suis pas journaliste mais j'ai assisté à un événement. Je peux seulement dire ce que j’ai vu ici le 1er décembre 2018. Ce n’est l’oncle de la sœur de la tante de la bicyclette à Jules qui me l’a raconté, ni l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours, ni BFMTV ; c’est juste moi avec mes petits yeux et mes oreilles certifiés conformes par le centre optique et auditif local.


I : Contexte

1: du bon usage de la démocratie

Nous réclamons la démocratie. Il est de notre responsabilité de se comporter comme dans une démocratie (agresser et détruire est interdit justement pour protéger chacun). Les casseurs sont venus semer la haine, la terreur, le chaos, l'anarchie et si nous cautionnons cela alors il faut accepter que demain nous vivrons dans la peur et la loi du plus fort. Seuls les plus violents y trouveront leur compte. Nous serons rackettés, pillés, et la délation redeviendra un sport national. C'est le principe de la guerre civile. L'État sera dirigé par une poignée de mercenaires. Le vide sera remplacé par un dictateur comme dans nombre de pays.
Nous devons œuvrer démocratiquement pour tendre vers une meilleure démocratie. Les députés doivent mouiller leur chemise pour faire le job pour lequel nous les avons élus et pour lequel nous les payons avec nos impôts. S'ils ne souhaitent pas nous représenter et défendre nos doléances auprès de l'État, qu'ils démissionnent afin d'être en accord avec leurs convictions. Ou licencions les : nous sommes leur employeur. La démocratie dispose déjà des outils nécessaires. Optimisons les, utilisons les à bon escient.





Détruire en incendiant une préfecture au Puy en Velay, alors que le préfet et des fonctionnaires s'y trouvent c'est une tentative d'homicide: lienDans cette vidéo très instructive on peut entendre rire des gens malgré la gravité de la situation lors de l’incendie .Si nous cautionnons cela, demain nous serons les victimes d'homicide de ces casseurs qui viendront jusque dans nos maisons. C'est cela la loi du plus fort. La violence est banalisée. Dans tous les cas, les laisser faire ne nous conduira pas à la démocratie.


2: mais  où est Charlie ?


Lors des attentats de Charlie, les forces de l'ordre ont été acclamées. Aujourd'hui, perte de mémoire, on les agresse délibérément. Pourtant aujourd'hui ils font exactement la même chose. C'est un peu facile de dire que nous on est les gentils et eux les méchants. C'est démago. C'est quand même grâce à eux qu'on peut encore marcher dans la rue librement (nous serions où aujourd’hui ?). Les casseurs ne vous le garantissent pas eux. Les forces de l'ordre travaillent beaucoup, gagnent peu et paient leur gasoil, leur TVA, leurs impôts etc comme nous. En prime, ils sont exposés à des risques comme les attentats pour nous protéger et que nous restions libres. Ils subissent, ils encaissent mais ce ne sont pas des privilégiés. En vérité il n'y a que deux camps, celui des citoyens et celui des casseurs. Les députés passifs qui refuseront de faire leur boulot refuseront de fait de garantir notre liberté et feront le jeu des casseurs. Qu'ils prennent donc leurs responsabilités. Être élu député c'est avant tout assumer des responsabilités, pas seulement profiter des avantages. Les casseurs ont pris en otage des familles et des enfants dans leur guérilla urbaine. Si nous n'avions pas été en démocratie, les CRS auraient tiré à balles réelles, qu'il y ait des enfants ou pas. Ils ne l'ont pas fait. Notre démocratie est perfectible. Cela relève de notre responsabilité et de nos actes.


3: la violence comme arme politique

Ils justifient la violence comme arme politique. Pour eux, la violence est l'unique moyen de renverser l'Etat et ses institutions. Ce mode d'action est devenu récurrent.. Ainsi lors des manifs contre la loi El Khomri pouvait on lire dans cet article:
Ces mouvements sont protéiformes : on compte presque autant de participants que de doctrines, avec un but commun : faire la révolution. Pour y parvenir : donner le tempo aux manifestations en se plaçant en tête de cortège. Claire explique : "Quand on est mobiles et sans parcours déclarés, on a beaucoup de mal à nous attraper. En face de nous, ils sont une trentaine à la BAC : si nous nous sommes un millier, ils ne chargeront pas…" Face à Claire étudiante en sciences sociales, Sylvain membre de la BAC, la brigade anti-criminalité à Nantes, le policier décrit des groupes très bien organisés : "Quand ils vont commettre une exaction, caillasser des CRS ou des gendarmes mobiles, ils sortent de quelques mètres du cortèges puis réintègrent le cortège. Et évidemment, nous n’attaquons pas un cortège de front à vingt avec 2 000 personnes en face. Ils sont particulièrement organisés ! " En 2018, toujours les mêmes casseurs dans toutes les manifs et toujours la même justification qui se passe selon eux de développement d’idées (puisqu’ils n’en ont pas) . Comme le souligne justement "un odieux connard" sur son blog :" On cherche encore à savoir comment le vol de slips chez Madame Pipoulet est l’expression d’un désir  de la revalorisation du point de retraite, ou si la Twingo de Monsieur Roubieux une fois renversée devient télépathe et lance à qui la croise qu’on ne parle pas assez des petits revenus en zone rurale, mais ce n’est pas grave, tant une fois que vous avez dit que « C’est politique« , vous donnez l’impression d’avoir dit un truc profond et n’avez plus à vous justifier".    et d'ajouter subtilement sur sa page ce dessin qui résume bien le tout:







4: la violence nuit à la démocratie

La violence est un état d’esprit, non un état fortuit et passager. Elle n’a besoin que d’un prétexte pour s’affirmer. Un mari violent n’a besoin que d’un prétexte pour cogner sa femme. Un proverbe archaïque dit « bats ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait » et comme il n’y a pas que des proverbes idiots, heureusement un vieil adage chinois qui semble plus que jamais d'actualité dit: Quand le sage montre la lune, le sot regarde de doigt.  Ceux qui prennent le pouvoir par la violence ne seront jamais les figures démocratiques de demain. Citez moi un coup d’état contemporain qui ait débouché sur une démocratie ? J’attends….

5: le flacon et l’ivresse

Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Pour le coup, le flacon ressemble un peu trop à un cocktail molotov : 1/3 de haine 1/3 de démagogie 1/3 d’utopie égalent 3/3 de chaos. Petit rappel historique sur le cocktail molotov : ce dispositif incendiaire a fait son apparition durant la guerre d’Espagne de 1936-1939 et a été utilisé par les nationalistes du général Franco ; comme figure emblématique de la démocratie, on rêverait de mieux hélas. Quelques rapides recherches sur le web vous permettront de connaître les ingrédients nécessaires à sa fabrication et surtout de vous rendre compte quele citoyen lambda, même affublé d’un gilet jaune, même très énervé par son dernier tiers provisionnel et sa facture de régularisation EDF, ne se promène pas avec ça dans son sac à dos, et que même la ménagère de moins de 50 ans, celle qui fait la pluie et le beau temps dans tous les sondages, ne possède pas non plus ces ingrédients dans son cagibi. Par ailleurs, vu que la manifestation sur le climat est annulée voir plus bas  (en même temps il faut rester cohérent, on ne peut pas brûler des tonnes de poubelles et de pneus et marcher pour le climat) j’en profite pour glisser un message personnel : le retour à la consigne pour les bouteilles en verre ne limiterait il pas la consommation de cocktail molotov?

6: comparution immédiate et prison ferme

La violence se nourrit d’un terreau mais de n’importe quel terreau. Les casseurs interpelés ce samedi en Avignon ont été unanimes : aucune conscience politique et une méconnaissance totale des revendications des gilets jaunes, juste là pour foutre le bordel (excusez l’expression mais je suis agacée) je cite un journaliste de france bleu
« Un homme de 33 ans - pas du tout un gilet jaune selon sa compagne - a regretté les pierres lancées avec une raquette de tennis. Un CRS avait été touché sans être blessé. Il dit qu'il n'a pas réfléchi. La présidente lui demande alors "on dit quoi aux gamins terrorisés par votre guérilla urbaine en plein Avignon". Pas de réponse : "Ce silence", souligne le procureur, "c'est le niveau néant de la conscience politique" de cet homme condamné à un an de prison ferme. »  source
 Ce "monsieur à la raquette" est bien visible à 3:37 de cette vidéo devant la préfecture.

La rue de la République a été le théâtre d'échanges tendus entre manifestants et gilets jaunes.

© Radio France - Lila Lefebvre (la rue de la république à 17h30 soit 2h30 après le début de la manif)

Une raquette de tennis, mais qui va dans une manif avec une raquette de tennis pour lancer des projectiles ? J’ai vu un manifestant se promener déguisé en Obelix (bon enfant et symbole de la résistance du gaulois), ça oui, mais j’ai aussi vu des cagoules et des casque lourds sur des manifestants.La p’tite bonne nouvelle c’est que la justice en Avignon a su faire la part des choses entre les gilets jaunes et casseurs. C’est une victoire et une question de respect.


II : Chronologie du 1er décembre

1: une manifestation jaune de 7 à 77 ans


Samedi 1er décembre 2018, en me rendant rue de la république à Avignon, pour aller à la foire St André, je suis passée par la préfecture à 15h, heure de la manifestation officielle. 1200 gilets jaunes (parents, enfants, petits enfants, femmes enceintes) tous venus pour montrer leur nombre sans montrer leurs biscotos s’y étaient réunis de manière pacifique avec des slogans, des pancartes, des chansons, du jaune, et à part des conversations rien ne fusait, jusqu’à ce que…


2 : une marée noire

Rapidement des casseurs se sont mêlés à la foule, ont mis le feu dans une benne en métal dans la première enceinte de la préfecture où s’était tenu le marché hebdomadaire jusqu’à midi. De ce fait cette benne était remplie de cartons et cagettes (des combustibles) mais le comburant qui a permis de l’incendier n’est pas tombé du ciel… enfin si… les casseurs avaient amené de quoi faire, munis de masques pour se protéger des fumées et lacrymos. Un tel équipement pour une manif est forcément prémédité et l’objectif de destruction aussi. Le citoyen lambda ne se promène pas avec un casque lourd ni une cagoule.Les casseurs ont ensuite tenté de franchir la deuxième enceinte de la préfecture, pour s'introduire dans le bâtiment. Ils sont montés à l’assaut en colonne. La dizaine de CRS était postée derrière la deuxième enceinte de la préfecture en position défensive, seulement défensive, d’un calme olypmpien même lorsqu’ils ont été de fachos et de fils de pute. Suite à cet assaut, les CRS ont répliqué par des lacrymos et Flash-Ball, sans utiliser d'arme léthale. Les casseurs n'ont eu que faire des enfants présents lorsqu'ils ont mis le feu et attaqué les CRS. Un gilet jaune gazé m'a dit qu'il était outré que les CRS aient gazé malgré la présence d'enfants. Il apparaît clairement que les casseurs se sont servi de la présence d’enfants comme bouclier humain, un bouclier sensé empêcher les CRS de répliquer et permettre aux casseurs de saccager et incendier impunément un bâtiment public… Moi j’appelle ça une prise d’otage.
Or, en répliquant, les CRS ont justement protégé les enfants, évitant qu’ils soient pris au piège d'une scène de guerre. Tout cela n’a pris que quelques minutes, ce qui explique que les parents n’avaient pas encore évacué avec leurs enfants. Une telle rapidité ne peut résulter que d’un plan conçu à l’avance.

Dans cette vidéo, on peut entendre à 3 reprises (à 1:28, à 2:05, à 3:10) 3 gilets jaunes différents tenter de calmer le jeu en demandant aux manifestants de reculer, ils parviennent à les convaincre à quitter en masse la préfecture pour se rendre à la mairie (à 3:37), seuls les personnes bien décidées à en découdre avec les CRS sont restées sur place.

A 3:04, on voit clairement la benne à ordures déjà bien consumée par l'incendie allumé par les casseurs, alors que des lacrymos sont lancées, après déjà 2 demandes de quitter les lieux, la tension monte. Personnellement, j'ai pu avoir le temps d'évacuer les lieux sans être affectée par les lacrymos.

A 3:56 des policiers sont copieusement insultés sans qu'ils ne répliquent : "Vous le sucez Macron, bande de PD". Dommage que la marche SOS homophobie du 8 décembre soit annulée, ceci dit relativisons, si Poutine était insulté de la sorte, ce serait le goulag direct.

Petite note festive à 7:14 avec une déclaration non officielle du père noël qui affirme avoir dû réduire la main d'oeuvre des lutins ;)


3: la migration vers la mairie

Ne souhaitant pas l'affrontement, le cortège jaune a quitté les lieux pour continuer à manifester pacifiquement, ce qu’ils étaient venus faire, eux, et se sont rendus rue de la république pour remonter vers la mairie. Les policiers postés au début de cette rue (où se déroulait par ailleurs la foire annuelle de la St André) les ont naturellement laissés passer. Des CRS étaient rue Viala, une ruelle perpendiculaire, devant la résidence du préfet, toujours calmes et en position défensive. Insultés, provoqués, ils n'ont pas bougé. Une deuxième ligne de policiers se tenaient en haut de la rue, eux aussi calmes et seulement présents pour assurer la sécurité de tous, de tous y compris des familles avec enfants qui se promenaient à la foire et y compris des gilets jaunes. Le droit de manifester a été respecté car nous sommes en démocratie.
Dans une démocratie les forces de l'ordre agissent pour la sécurité de tous les citoyens et c'est exactement ce qu'elles faisaient. Vers 16h30 des casseurs ont envahi la rue avec des lunettes noires et des masques. Ils se vantaient de pouvoir avoir une occasion d'en découdre avec la police. Ils riaient, insultaient. A nouveau, sans tenir compte des enfants présents, ils sont allés provoquer les CRS, ont jeté des projectiles, ont rassemblé des poubelles et à l'aide d'inflammables ont incendié la rue de la république. Quand on est un citoyen lambda qui manifeste on ne se promène pas lunettes de soleil sur le nez à 16h30 quand le temps est gris juste avant la tombée de la nuit. Encore une fois, on ne se promène pas non plus avec des inflammables et des projectiles. On se promène juste tranquillement avec son gilet jaune sur le dos pour montrer qu'on est nombreux , qu'on existe, qu' on est mécontents et que si on est pas entendus de cette manière on bloquera les centrales d'approvisionnement et les raffineries. Ils n'ont pas été entendus samedi et dès le lundi matin ils bloquaient justement ces points névralgiques.


4 : l’ordre de dispersion

Les magasins ont fermé leurs rideaux de fer, avec parfois des clients à l’intérieur. Les CRS ont sonné l'ordre de dispersion. Sommation en règle. Les manifestants sont partis. La poignée de casseurs est restée pour en découdre. C'était leur objectif, leur loisir de cet après midi. Ils se sont fait plaisir, ont semé le feu, ont continué à jeter des projectiles, sont montés une nouvelle fois à l'assaut. Le chaos. Les familles prises en étau, qui ne savaient pas ce qui venait de se passer à la préfecture, n’ont pas compris ce qui se passait, ont reçu des lacrymogènes. Ils n'ont pas réagi à temps, d’autres ont paniqué. Pourtant j'y étais, je n'ai pris aucun jet, car les forces de l'ordre avaient laissé les rues perpendiculaires libres pour évacuer en sécurité, elles avaient quadrillé tout le secteur. Tous ceux qui ont voulu partir ont pu partir sans être interceptés par la police. Pourquoi ? C’est très simple… Ceux qui sont partis étaient soit des passants soit des gilets jaunes juste venus manifester calmement.Ceux qui sont restés ont décidé de rester pour se battre violemment. Ce ne dont pas des victimes. C'était leur choix. L'action des policiers et CRS était mesurée et proportionnelle. L'objectif était la sécurité de tous. Y compris des familles et gilets jaunes. Qu'on ne vienne pas me parler de violences policières ce samedi à Avignon. J'y étais. Et je n’étais pas seule, outre les 4000 manifestants, des journalistes ont filmé la journée, toute la journée, y compris les gilets jaunes qui ont aidé les commerçants à rentrer leur matériel et y compris la poignée de casseurs hyper bien équipés qui ont attaqué les CRS (les vidéos de la journée ici)Aujourd'hui on tente de nous manipuler en nous faisant croire  que ce qui se passe dans notre pays c'est ça (des chars contre des civils) mais je n'ai vu que forces de l'ordre réagir en légitime défense dans ma ville:


Conclusion : nos libertés et nos projets limités par des casseurs
A  cause d’une poignée de casseurs, en Avignon, les événements suivants sont annulés le 8 décembre 2018, pour des raisons de sécurité des biens et des personnes :
-       La marche pour le climat (enjeu mondial et urgent)
-       Le rassemblement SOS homophobie (lutte contre la haine)
-       Le téléthon (santé, même si on ne se sent pas tous concernés)
-       Le village des associations (diversité qui tend vers l’épanouissement de chacun)
-       Des spectacles (la culture est un droit)
-       Le marché hebdomadaire (utilité publique)
-       L’inauguration du village de noël (un peu de joie mais on préférerait des artisans locaux que du made in China)

En gros, une poignée de casseurs ont décidé que samedi 8 décembre soit nous descendons dans la rue pour tout casser, soit nous devons rester chez nous. C’est donc cela la liberté? Et après, dans cette escalade, ce sera quoi?
La liste de ces annulations est non exhaustive, par contre les émissions de téléréalité et images en boucle sur BFMTV sont maintenues afin de vous maintenir dans l’obscurantisme.