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Chapitre 42 - Partir ailleurs pour toujours (La p'tite bonne nouvelle)

Ce matin après un beau week-end de merde comme il se doit, option rangement renforcé, je suis allée passer mon IRM 1/2. Je me suis pris une belle gifle en travers de la figure avec ce couple qui se disputait dans la salle d'attente. "Robert t'es qu'un connard!"... J'ai eu la pression non stop tout le week-end par mon mari. Il ne m'a rien laissé passer. Ca le rendait même joyeux. Alors ce matin je croyais être sortie d'affaire vu que c'était lundi. Mais non. J'ai bien senti la pression monter. C'est bête à dire mais j'ai eu l'impression que c'était moi qu'ils agressaient. J'ai failli me lever pour leur dire de la fermer un peu mais on est venu me chercher à ce moment-là. A nouveau sauvée par le gong.
Ensuite je suis arrivée chez le kiné avec 7 minutes d'avance. Le chefaillon des kinés m'a mise dehors.Avant l'heure c'est pas l'heure.  J'ai décidé de rester pour ne pas pénaliser mon kiné. J'ai croisé 2 autres kinés dans le couloir qui m'ont demandé chacun leur tour pourquoi je n'entrais pas directement au lieu d'attendre. Parce que je me suis fait virer. Pour 7 minutes. Au final mon kiné m 'a invitée a entrer quand même à H-3 minutes. Un peu dégoûté du comportement de son doyen. J'ai fait mes 10km de vélo mais j'avais les jambes coupées et envie de me tirer. Puis 30 minutes de poulie à chaque jambe. Puis 20 minutes de presse. 
Sylvain, le chefaillon parlait de moi aux autres patients comme si j'étais pas là. Puis il m'a dit que je devais abréger ma séance. Alors Au moment d'aller en piscine, j'ai filé en douce. Sans un bruit j'ai bifurqué, pris un autre couloir. Et sans dire au revoir j'ai pris ma voiture et je suis partie. J'étais au bord du craquage et je ne voulais pas me donner en spectacle. Comme une anonyme j'ai disparu. Mon kiné doit être en train de me chercher à l'heure qu'il est. Et moi je suis garée dans un coin de la colline de mon enfance pour pouvoir pleurer toute seule tranquille et crier sans que personne ne m'entende.
Je rentrerai à la maison à la même heure que d'habitude, l'air de rien, les yeux rougis par le chlore de la piscine dans laquelle je n'ai même pas mis l'orteil. En attendant je vais évacuer. 21 mois dans 3 jours que je cherche à comprendre ce que j'ai. Envers et contre tous. Y compris mes proches. Si je pouvais je n'y retournerai plus jamais. Ni à la rééducation ni chez moi...